Argenteuil Historique – Destin industriel
8 – Vers un destin industriel.
Dans le courant des années 1890 le phénomène d’industrialisation va s’amplifiant. La formidable accélération de l’histoire qui intervient dès le milieu du XIXe siècle et s’intensifie singulièrement vers 1890 sur cette portion de rive, est perceptible dans de nombreuses œuvres, même si la part de fiction, qui est la marque et la liberté de l’artiste, tend à en amoindrir les effets.

Gustave Caillebotte, qui s’est installé quai du petit Gennevilliers en 1880 dans un pavillon avec jardin, fait construire par les chantiers Luce, des voiliers révolutionnaires qu’il prend plaisir à barrer.
En 1892 ou 1893, Caillebotte peint la berge du petit Gennevilliers et la Seine, aujourd’hui intégré aux collections du musée d’Argenteuil.
Ce tableau, donné par le peintre à Henri Cayla, voisin de l’artiste et conservateur du musée d’Argenteuil dans les années 1930, nous donne une interprétation singulière des quais de Seine alors en plein développement industriel.
Si l’on devine bien les hangars et les usines, aucune cheminée en revanche, ne pointe à l’horizon. Dans sa composition, le peintre a escamoté cheminées et fumées, pour des raisons esthétiques ou nostalgiques, mais révélatrices, en tout état de cause, des mutations qui se jouent de chaque côté de la Seine.

Car le destin récréatif et sauvage du fleuve est en déclin. Chaque jour un peu plus, l’industrie gagne du terrain.
Caillebotte meurt en 1894, l’année même où le Cercle de la Voile de Paris proteste contre la construction, au milieu du plan d’eau, d’un pont aqueduc pour transporter les eaux d’égout de la ville de Paris.
Le CVP quitte le bassin en 1896 et s’installe à Meulan. C’est que la ville d’Argenteuil, emplacement favorable à l’implantation d’un site industriel majeur à proximité de Paris, continue son expansion.